Découvrez ce qui me pousse à documenter la situation des filles-mères à Madagascar, qui vous permettra de constater le besoin urgent d'agir pour soutenir ces jeunes filles dont la voix mérite d’être entendue. Ce projet incarne un pas essentiel vers une meilleure compréhension du phénomène et de son ampleur, ainsi qu'une prise de conscience, pour un espoir réel de changement des mentalités.
Ninie est aujourd’hui atteinte d’un problème de rétention d’eau. En la regardant, on pourrait croire qu’elle est enceinte. Son ventre à triplé de volume. Elle devrait être hospitalisée et subir une ponction, mais elle n’a pas d’argent et le traitement coûte cher. Pour survivre et nourrir sa famille, Narindra trie des déchets dans des décharges. Malgré son état de santé et ses douleurs, son compagnon l’a toujours contrainte à avoir des relations sexuelles.
En voyant son ventre prendre de plus en plus de volume, il l’a chassée de la maison, refusant d'assumer ses responsabilités. Désemparée, elle a trouvé refuge au centre Felana Maitso. Le centre essaye de lui porter assistance avec des moyens limités, alors que*son cas est critique et qu'il nécessite une hospitalisation que le centre ne pourra pas payer.
Le quotidien de Ninie est difficile. Lorsqu'elle vivait avec son compagnon, elle subissait des violences à la fois psychologiques, physiques et sexuelles." Je sais que ce n’est pas normal de subir des coups comme ça. Je ne le supportais pas. Du coup, je quittais souvent la maison pendant un ou deux jours », affirme-t-elle. Seulement, ce qu'elle ne savait pas, c'est que les injures et le harcèlement sexuel sont aussi des formes de violence. Elle explique qu’elle était toujours la seule à aller travailler pour subvenir aux besoins de sa famille, tandis que son compagnon restait inactif et ne faisait qu'attendre son retour. Maintenant qu’elle a quitté son foyer, son compagnon ne la laisse pas voir ses enfants. « Cela me fait mal au cœur de ne pas avoir mon bébé avec moi. Hier, j’ai fondu en larmes quand on m’a raconté qu’il n’avait pas cessé de pleurer durant la nuit. J’aimerais que mes enfants aillent à l’école comme les autres enfants, et je ferai tout pour cela. Moi j’ai arrêté l’école en classe de 9ème », a-t elle ajouté.
Le seuil international de pauvreté d’un dollar américain par jour et par individu a été introduit en 1990 par la Banque Mondiale. Ce seuil est maintenant de 2,15 dollars américains par jour et par individu. Cette approche purement monétaire est de plus en plus contestée, compte-tenu du caractère multidimensionnel de la pauvreté. Ce projet reflète les dures réalités de la pauvreté à travers l'histoire de Justine Ravoniriana, une mère célibataire de six enfants à Antananarivo, révélant les luttes quotidiennes qui maintiennent sa famille dans le besoin.
Ma grand-mère, Germaine Rasoazanany, a 89 ans et a toujours vécu à Isotry, dans la capitale de Madagascar. La maladie d'Alzheimer a progressivement érodé sa mémoire depuis qu'elle a été diagnostiquée il y a dix ans. Femme résiliente, elle a élevé seule ses dix enfants après le décès de son mari, alors que ses jumeaux n'avaient que six mois. À travers cette série, je souhaite lui rendre hommage en tant que personne remarquable qui a fait preuve de gentillesse envers tous ceux qu'elle a rencontrés et qui incarne la valeur malgache du « fihavanana », basée sur la communauté et la solidarité.
Elle a ensuite été emmenée au tribunal, qui l’a alors placé à l’orphelinat Felana Maitso à Ambohibao, situé dans la ville d’Antananarivo. On a dû la nettoyer de la tête au pied. Au grand étonnement de Mme Olga, Miarisoa poussait un cri dès qu’on touchait ses cuisses. Elle a donc fait venir un médecin-qui, après consultation, a établi un diagnostic révélant deux fractures au niveau des fémurs gauche et droit en plus de deux autres au niveau de ses jambes.
Cet événement illustre parfaitement le déséquilibre mental de beaucoup de mères, qui épuisées, dans la détresse et sans aucun appui, finissent par commettre l’irréparable. Malheureusement, nous vivons dans une société où l’on va juger ce genre d'actes, sans prendre en compte qu'ils ne sont que le résultat d’un profond mal-être. Au contraire, il semble davantage nécessaire de se focaliser sur la prévention, c’est-à-dire mettre en place de réels accompagnements psychologiques dont une écoute active afin de réduire le nombre de drames de ce genre.
Cette série photographique est une réflexion sur la vie des femmes de la classe populaire à Antananarivo, Madagascar, où l'urbanisation rapide et l'extrême pauvreté défient l'existence quotidienne. Initiés en 2020, ces portraits au cadrage serré sur fond rouge mettent en lumière les luttes intenses auxquelles ces femmes sont confrontées alors qu'elles subviennent seules aux besoins de leur famille, souvent avec plusieurs enfants à charge. Le projet remet en question les valeurs décroissantes du « Fihavanana » (solidarité), autrefois très importantes pour les Malgaches.
J’ai vu beaucoup de cas de jeunes mères abandonnées par leur petit ami ou leur conjoint. J’ai également vu des filles qui sont tombées enceintes à la suite de violences sexuelles. Certaines de celles qui ont subi de telles violences cachent ce qui leur arrive et avortent clandestinement, chez des matrones. Quant aux jeunes filles victimes d’inceste, elles ont peur et honte aussi, à tel point que leur cas se dissout dans le silence. Aucune suite n’y est donnée, laissant la jeune fille seule pour porter le lourd fardeau d’enfanter puis d’élever l’enfant.
